samedi 30 décembre 2006

Avec un petit poil d'avance...

Meilleurs voeux à tous, excellente année toute neuve,
un max de bonnes choses,
la réalisation de vos projets, de vos rêves,
du courage et de l'énergie,
beaucoup d'amour et de tendresse,
de la chance,
et une santé de fer, c'est très important la santé. (ne rouillez pas, quand même, ha ha ha !)

En résumé : BONNE ANNéE à vous !!!

Pour ma part je prends la route dans une heure, m'en vais arroser la nouvelle année avec les cops du côté d'Avignon... Yippie !

Bon réveillon à vous, gaffe aux excès... (en tout cas à ceux qui rendent malades, hein.)( encore que... m'enfin, vous faites comme vous voulez, héhéhé !)

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mercredi 20 décembre 2006

Et oui, il existe.

      Conversation dans le rang pour aller à la cantine. Ils parlent du père Noël, bien sûr, confrontent leurs idées,...  J'écoute d'une oreille amusée (mais ne le montre pas) en attendant les retardataires, quand M. m'interpelle :

- Moi maîtresse, je sais que le père Noël, en vrai, il existe pas. (sous-entendu : je suis grand, on ne me berne plus, allons !)

- Ah bon ? comme tu veux, mais il faut jouer le jeu pour les plus petits, et ceux qui croient encore.

- Ouais. Mais Jacky Chan, lui, il existe, hein ?

...

Oui oui oui, Jacky Chan existe. (c'est bien le pro rigolo des arts martiaux, hein, je me plante pas ?)

...

Moi, je me dis... après tout, chacun ses priorités !!!

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samedi 16 décembre 2006

Lundi dernier, donc.

Abominaffreux, te-dis-je.

   Il y a les matins où je fais du covoiturage avec mon collègue. Comme je déteste être en retard, ces matins-là, la sortie du lit se fait plus spontanément. Mais la veille il m'avait prévenue que finalement, pas besoin que je passe le chercher. Alors quand le réveil a sonné, à 6h30, la chatte s'est levée mais moi je suis restée au chaud, (de toutes façons je suis incapable de me lever immédiatement. D'ordinaire il me faut bien 1/4h pour que mes muscles comprennent seuls qu'il faut retrouver la station verticale.) Ce qui devait arriver,etc..., bien sûr, me suis rendormie. Second réveil en sursaut, je m'assois pour apercevoir les chiffres verts du magnétoscope, 'tain, 7h33 !!! Pour partir à 8h... Là c'est chaud ! Hop, debout. Direction la cuisine, je commence toujours par un verre d'eau, je suis totalement désséchée assoiffée quand je me réveille. Et le geste machinal en entrant dans cette pièce, c'est d'allumer la radio, là, tout de suite posée à droite. Au lieu de la radio, ma main effleure le vide. Le vide ??? Mes yeux confirment. Pas de radio. Celui-là, le gros poste CD double-K7 ? Ah non, absolument pas là. Ah, je l'ai amené à l'école. NON, je l'ai pas amené à l'école, y'en a un là-bas. ('Tain que c'est dur de réfléchir au saut du lit, je me concentre au maximum, pourquoi ce poste n'est pas à sa place, keske j'en ai fait ? Il est où, bon sang ?)(ça va me revenir, c'est obligé)(j'ai l'impression de me froncer le cerveau à l'intérieur du crâne, comme on fronce les sourcils pour tenter de se souvenir)

   Salle de bain. Je cherche, sur l'étagère du haut, hors d'atteinte de mon gremlins, mes rares "bijoux" (rien d'extraordinaire, je suis plutôt boucles d'oreilles fantaisies), mais le pendentif salamandre, 2 ans et 1/2 que je cherchais, et enfin j'ai trouvé il y 15 jours, et la petite chaîne qui va bien avec, et ben... je ne les vois pas... je me mets sur la pointe des pieds, je ne suis pas assez grande pour cette étagère, je ne vois pas, ne sont pas là...  je me fige, ma température descend de plusieurs degrés. Je cours à la salle. IL devrait être posé en équilibre sur une pile de bouquins, au pied du clic, IL N'Y EST PAS, lui non plus... Putain, mon ordinateur !!!!!

   Panique. Réfléchir, vite (c'est dur). Keski s'est passé ? Quels sont mes autres "biens de valeur", comme on dit ? La télé est là, le frigo aussi, la voiture, la voiture ??? Je me précipite dans le couloir, winnie l'ourson-gardien des clés, censé se balancer au clou à côté de la porte... pas là. Le verrou de la porte d'entrée est ouvert. (j'en ai à nouveau les larmes aux yeux, là, rien qu'en tapant)(et la respiration plus difficile)

Cambriolée.

Je dévale l'escalier, pieds nus, je dois aller vérifier si la voiture est là ou non, peu de chance puisque les clés n'y sont plus. J'atterris en pyjama dans la rue, en larmes, les voisins (j'habite dans une impasse) sont là aussi, je leur passe devant et je cours jusqu'au parking en criant et en pleurant, <<On m'a cambriolée, je vais voir la voiture !...>>
La voisine, qui porte une immonde robe de chambre vert caca d'oie, me dit qu'on a tous été cambriolés, mais que les voitures sont là. (Oui, je "la" vois. Bien rouge, elle est là. Ouf.) Tous cambriolés ? Toute l'impasse ? Dans la nuit ?
Comment c'est possible ? Et mon ordi, putain, mon ordi, il a 4 ans, ça se remplace, mais c'est tout mon boulot pour l'école qui est dedans, tout ce que j'ai créé moi-même, les fiches de son, les questionnaires de lecture, les exos d'évaluation, non, non, non, non, non, non, non, c'est pas possible !!!! Je tombe accroupie, la tête dans les mains, et je laisse couler cette panique, pourquoi, comment ? Là je serai pas à l'heure à l'école, c'est certain. Il faut que j'appelle mon collègue. Puis l'assurance. Les flics avant peut-être ? Les voisins s'en sont chargés, ils vont arriver. Une dame dit que mardi dernier des hommes habillés en plâtriers sont entrés dans chaque entrée (hahaha), et qu'elle avait trouvé ça bizarre. Avec les travaux pour le tunnel dans la rue d'à côté... ya du passage, beaucoup.

Comment c'est possible ? Comment j'ai pu ne rien entendre ? Avec le bazar partout chez moi, il n'y a que moi qui puisse circuler sans dommages, et encore, c'est tout un exercice d'enjambement (oui, je suis très bordélique). Alors de nuit ? Même avec une bonne lampe torche, ça me paraît... ???
J'y arrive pas. J'arrive pas à réfléchir calmement. C'est le bazar dans ma tête, ça va dans tous les sens. J'ai juste besoin de pleurer, très fort, bruyamment. Mais bon sang pourquoi ? Que peut-on faire d'un ordi avec des taches de lait, des autocollants de petits poissons et d'anémones de mer, vieux de + de 4 ans, qui plante tout le temps ? POURQUOI ???

Je me trouve conne, pieds nus dans l'impasse, et puis il fait froid, ce pyjama bleu n'est pas épais. (bleu ? Il y a 3 ans au moins que je ne l'ai pas mis celui-là, je crois même que j'ai perdu le haut...) Il fait vraiment froid.

**PoP**

Je suis sous la couette. La chatte est là, chaudement calée contre ma hanche. 'Tain, je dormais ???!!! C'est un rêve !?!?! (non mais je rêve !!!) aaaahhhh, soulagement très intense... Quel putain de rêve, si réel, si ... non mais quelle panique, alors que c'était juste un rêve (enfin... j'espère ?)
Je m'assois.  Coup d'oeil aux chiffres du magnétoscope : 7h33.  J'arrête de respirer tout net.
AH NON !!!!!
Pas 2 fois ! L'ordi est là, en équilibre sur sa pile de bouquins, pffffiouuuu, tout va bien, du calme, allez, respire.

Je fonce à la cuisine. Le poste trône à sa place, à droite en entrant. Dans la salle de bain, je passe le bout des doigts sur l'étagère du haut, je frôle ma petite salamandre en or.
J'ouvre le robinet de la douche, pour que l'eau commence à chauffer. Il faut que j'aille vérifier, l'entrée, le verrou est mis, ouf, winnie se balance au clou. TOUT VA BIEN.

Mais, quand même, je suis à la bourre, et pas qu'un peu. Je me magne, et c'est pendant que je me shampouine que l'horreur m'assaille :
Et si ??? Et si un jour, ou plutôt une nuit, un bruit me réveillait ailleurs dans l'appart' ? (Mon coeur fait "schtong" tout d'un coup.) Parce que c'est sûr, un bruit dans la cuisine m'a réveillée cette nuit. Mais confiante, j'ai juste pensé que la chatte s'amusait. Ah non, elle était là, tout contre moi. Alors c'est qu'un bol se sentait mal, au milieu de la pile qui attend dans l'évier . Keske ça pourrait être d'autre ?
Mais si j'entendais un bruit qui clairement serait celui d'un intrus, des pas étouffés, des objets qu'on déplace, dans le noir, là, du fond de mon lit, je ferais QUOI ??? Je "pourrais" faire quoi, d'ailleurs ? Quelle serait ma réaction ?

La panique qui m'a enveloppé de haut en bas à ce moment de mes pensées, sous l'eau bouillante, a été aussi forte que celle de mon rêve, sauf que j'étais bien réveillée cette fois. (Je me suis même demandée si j'étais certaine d'être bien réveillée.)

Je pourrais faire quoi ? Je resterais au fond de mon lit ? Je ne pense pas être trouillarde. Anxieuse, beaucoup, mais pas trop peureuse. C'est pas pareil. Mais... me lever dans le noir, comme ça, pour aller affronter l'inconnu dans la cuisine ? Pas les mains vides. Et je ne vais pas dormir avec un couteau. (Et je ne pourrai pas rentrer un couteau dans quelqu'un !) Je n'ai pas de batte de base-ball, non plus. Une bombe de pschitt. Rien qu'un déo bien alcoolisé, ça peut faire très mal, si tu vises les yeux. Sauf que mon déo, il est à bille bien sûr, mais j'ai aussi un pschitt qui me sert à tenir mon gremlins à distance quand elle a décidé que mes mains et mes chevilles sont des proies. Alors il faut que je le mette à côté de mon oreiller ? Est-ce que je sortirais du lit ? Ne vaut-il mieux pas se faire tout petit et discret au contraire, et attendre ? Au cas où il soit armé par exemple ?  ?  ?  ?

J'ai terminé de me préparer, déjeûné sans rien renverser (mais oui), perdue dans mes "et si..."
L'air frais dans la rue m'a mordu. Il faisait encore presque nuit. (Je me suis souvenue que dans la partie "rêve", il faisait bien jour au contraire.)
Et si ça avait été vrai...
Les quelques bijoux n'ont guère de valeur, la voiture, ça m'aurait fait suer, mais c'est une 'tite saxo de 10 ans bientôt, ce n'est que du purement matériel. Et au clou où j'accroche mes clés, il y a un carillon, ramené d'Indonésie par Loloche. Impossible de décrocher les clés sans provoquer un tintement !!!
L'ordi, ça se change, par contre tout le boulot à l'intérieur... arrrgghhhh. C'est définitivement ce qui me ferait vraiment le plus ch...

J'ai vécu la matinée en mode fonctionnement automatique/malaise. J'ai raconté aux collègues. J'ai digéré, peu à peu. ça m'a tenu longtemps, ça revenait tout le temps. J'ai bien vérifié le verrou de l'entrée avant de me coucher.

Et puis mardi soir aussi.

Mercredi soir, j'ai oublié. Je me suis relevée pour aller vérifier.
Maintenant, je n'y pense plus trop, beaucoup moins en tout cas. Je suis d'un naturel positif, que veux-tu !

.

Tu as lu jusqu'au bout ? Chapeau. (et merci, aussi.)
Je t'assure que tout ceci est vrai de vrai, (mal) vécu lundi dernier. L'horreur. Un aperçu de ce que doivent ressentir ceux qui se retrouvent nez à nez avec un intrus alors qu'ils sont peinards chez eux. Atroce, comme sensation... et pour moi ça n'était même pas "en vrai" !!! Mais la panique qui m'a anéantie était bien réelle, même dans mon sommeil.
D'ailleurs je ne souhaite à personne ce triple réveil, digne d'un vilain film.

...

Il n'y a bien sûr pas de travaux pour un tunnel dans la rue d'à côté.

La robe de chambre de la voisine était vraiment extrèmement laide.

...

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jeudi 14 décembre 2006

"Intermède"

Travail sur le son [ã].
Tâche :
trouver des mots dans lesquel on entend le son "an", et les écrire au tableau, pour ensuite en dégager les différentes graphies.

On me propose maman, ambulance (ouais, bien celui-là !), éléphant, décembre, vendredi, tante, chambre, dentiste, faon (tiens tiens), grand, gentil,...  Super. (Ballon aussi, forcément s'il n'y a pas de loupé c'est moins drôle.)

C'est au tour de A., qui me dit : "Han".

- Comment ça, "han" ? Qu'est-ce que ça veut dire ? (je cherche, je cherche, vite, comprendre où il veut en venir)
- Ben, "han !"
- Explique-moi.
- "Han !", comme quand on fait l'amour !

...

(soupir très intérieur)

(haussement/froncement de sourcils) (ouaip', les 2 en même temps)

Ha. Oui. Bon. Donc.

...

(6 ans. 6 ANS, qu'ils ont !)

Pfiouuuuuuu...
Sans déconner, les gars...

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mardi 12 décembre 2006

Petite satisfaction perso :

Ressortir ce pantalon remisé au placard depuis la fin de l'hiver dernier (oui, d'accord, pas "dans" le placard, là, dans la pile au pied du lit, ça va, ho hé ! bref), et constater avec ravissement que je suis très très à l'aise dedans... limite la taille en dessous ça serait pas mal... yihaaaaaaaaa !   

(t'es pas obligé de te moquer, hein.)

Sinon :

Il m'est arrivé un truc abominaffreux hier matin, pour l'instant je digère, dans quelques jours j'en rigolerai (comme d'hab), mais pour le moment je suis encore un peu tourneboulée. Et pis j'ai une tonne de trucs à faire pour la vraie vie aussi, je manque de temps !
Bientôt je raconte. (Peut-être.)

Ha-ha !

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dimanche 10 décembre 2006

Sérieuse (ça m'arrive, des fois)

On entend reparler ces jours-ci de la mort de Malik Oussékine. Parce qu'ils lui ont dédié une plaque, à même le sol si j'ai bien compris, à l'endroit-même où, il y a 20 ans.

Il y a 20 ans. (image qui se floute, on repart en arrière...)

J'étais en seconde, j'étais dans la rue moi aussi, entraînée par les terminales qui voyaient de près leur avenir en jeu. Pour moi la fac était encore très très loin, je n'avais aucune idée de ce que je ferai après le bac, en fait déjà je vivais au jour le jour, dans ma bulle, mon cocon. J'étais toute petite, 14 ans. La grève, c'était d'abord les étudiants qui la menaient, réforme universitaire, sélection à l'entrée des facs. Mais nous étions tous de futurs étudiants en puissance !
Au début du mouvement, la moitié du bahut en grève, je continuais à aller en cours. Nous n'étions que 5 ou 6 en classe... et le prof d'éco amenait les croissants, c'était cool aussi ! Et puis les terminales ont décidé d'empêcher les réfractaires (et les indécis) d'aller en cours, alors... avec les copines, j'ai rejoint le mouvement. Petites mains, nous étions désignés par les "grands" pour aller à la mercerie chercher du ruban pour faire les brassards, le tissu des banderoles, et chez les commerçants récupérer des cartons... pour les pancartes bien sûr ! Il faisait froid cet hiver-là, et au lieu d'être en classe nous étions dans les rues, investis de missions de la plus haute importance.
Que de rencontres pendant ces quelques semaines inhabituelles...

Et puis les manifs, bras dessus bras dessous, à s'égosiller ("Devaquet, au piquet !"), les rues de la ville sous nos chaussures. L'entrain.
Les pastilles pour la gorge à partager. (que ça, sage, mais oui.)
Les sittings, les fous rires, les discussions, les regards, le sentiment de vivre quelque chose d'important, d'être en plein dedans.

Les images le soir à la télé, les milliers d'étudiants et de lycéens partout en France, la couverture médiatique.

Et puis cette nouvelle à la radio. A Paris les choses ont dégénéré. Malik Oussékine.

La construction de ce cercueil en carton, grandeur nature. La peinture noire. La banderole,  "ils ont tué Malik".
Et cette dernière manif derrière le cercueil. Totalement silencieuse. Si grave. La vraie vie. La vraie mort. Un mec à peine plus âgé que nous. Pour quoi ?

Et enfin le retrait du projet de loi, et même la démission de Devaquet. Pour nous, le retour à une vie lycéenne "normale", au chaud. Les profs compréhensifs, le rattrapage des cours manqués, l'emploi du temps chargé. Et les connaissances fraîches qui s'affinent, les liens qui se précisent... L'inter-génération secondes/terminales qui perdure, à fond.

C'était il y a 20 ans, ma bonne dame. (ça fait vieux con, hein ?) ça m'a fichu un coup, "20 ans", une éternité, j'ai l'impression d'être ma grand-mère en disant ça ("de mon temps...!") (En fait c'est pas possible que je puisse dire "il y a 20 ans", je suis bien trop jeune !!! (pas tant que ça, oui, ho, ça va. Dans ma tête, si. Hum.)(Et ma frangine avait 5 ans... punaise.)

Et pourtant, il y a 20 ans, décembre 86, je peux le dire, j'y étais. En plein dedans.
Et ce prénom, ce nom qui signifiera pour toujours quelque chose, pour tous ceux qui y étaient.

Il y a 20 ans, je commençais à grandir.

Est-ce que vraiment quelque chose a changé ?

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mardi 5 décembre 2006

Ouvrez ouvrez la cage aux...

16h30, heure de la libération.

Je leur dis de s'habiller. Chacun et chacune s'affairent en blablatant, hissant sur leurs petites épaules de 6 ans leurs grands cartables (certains tiendraient tout entier dedans, bien roulés en boule.)
Non pas qu'ils soient lourds, ces cartables, 2 petits cahiers dedans + le livre de bibliothèque (et au choix, dragons, barbies, bêtes bizarres qui hochent la tête, élastique, tractopelle, corde à sauter, indiens, dessins pour maman, billes, petits poneys, petites voitures ou avions...) oui, je tolère les jeux pour la récré à 2 conditions essentielles, incontournables et indiscutables :
          1 - que jamais n'en apparaisse le bout de la couette du phare de la plume de la roue de la crinière devant mes yeux pendant la classe (sous peine de confiscation immédiate ET de longue durée),
          2 - que je n'en entende pas parler (je voulais pas lui prêter mais il l'a pris quand même, j'ai perdu une des chaussures, j'avais 3 voitures mais j'en trouve plus que 2, il me l'a pris mais maintenant il dit que c'est à lui mais en vrai c'est à moi, etc. S'ils ne veulent pas avoir d'ennuis, ils n'amènent pas de jouets, point.)

Quoi, tortionnaire ? Souvenez-vous, le tac-tac-tac multiple et rebondissant du paquet de billes qui se fait la malle sur le carrelage...Aaarrggghh !  Du coup, quand une bille s'échappe en classe, la rebelle, bizarrement elle n'appartient jamais à personne. Etrangeté de la vie... (donc je commence d'en avoir une super collec' dans mon tiroir, et des très jolies !)

[Par contre, collections de cartes (pokétruc et autre) et jeux électroniques, (des histoires inextricables, et des vols bien sûr) sont eux interdits.]

Mais je m'égare. Je voulais juste dire que si les cartables sont durs à mettre sur les épaules, ce n'est pas à cause de leur poids (pas à 6 ans), c'est surtout que les épaisseurs de gilets et de blousons, ça complique tout pour passer les bretelles (et je vous cause même pas de la roublardise de la capuche, qui se roule, fait obstacle...)
Et donc "ils" en étaient là, se harnachant tant bien que mal pour aller se ranger devant la porte, s'interpellant et chahutant, normal quoi. Seul E. n'a pas pris son cartable, éternel bienheureux persuadé qu'il est l'heure d'une récré supplémentaire. Je l'ai vu, mais je ne dis rien (gnark gnark gnark). Mais pour une fois il me surprend : il prend conscience tout seul que les copains ont pris les cartables. Stupéfait, il fait un tour sur lui-même, se coupe lui-même la parole (oui oui, dans son permanent monologue, c'est possible), et s'interroge de sa grosse voix éraillée :

- Ah ben ? Pourquoi vous prenez les cartables ? C'est k'c'est l'heure des mômans en fait ?

Sympathiquement, quelques voix lui répondent que oui, évidemment, enfin voyons, quoi.
Alors E. se retourne, hilare, les mains sur le ventre, et de sa voix la plus grave, la plus rocailleuse et la plus tonitruante possible, lance :
- Sans déconner, les gars ???!!!   

(Alors la maîtresse s'est retournée contre la porte pour exploser de rire elle aussi. Tant de spontanéité, de naturel... Elle riait encore toute seule 10 minutes plus tard.)

Sans déconner, E., c'était vraiment l'heure des mômans.

Posté par Mimi Je Reve à 23:19 - - Commentaires [12] - Permalien [#]