Je viens juste de réaliser, à force de reportages dans les journaux télé ces derniers jours.
Il y a 20 ans tout rond... une page se tournait. Je ne sais pas quel jour exactement, sans doute avant le 14 juillet d'ailleurs, mais début juillet quand même.

Lourde charge sur les épaules, l'attente interminable... c'est quand qu'ils les affichent, ces fichues listes !
Je me souviens du soir des résultats, bingo pour mon copain de l'époque, mention AB en plus, l'autorisation arrachée à ma mère de rester en ville le soir avec tous les autres... Ceux qui étaient trop heureux, ceux qui l'avaient planté mais qui s'y attendaient, ou pas d'ailleurs, aïe aïe aïe, et les quelques uns qui comme moi avaient le c... entre 2 chaises.
Pas fini, les révisions, pas terminée la période de stress.

Je me souviens de l'insistance de mon copain qui, euphorique, -et en phase d'imbibation avancée- voulait absolument me présenter à sa maman venue lui apporter des sous pour la soirée.
Et de mon refus, tête de mûûûle, de sortir du café pour saluer cette dame, mélange de méga-timidité, de honte d'avoir raté, de malaise, d'impossiblité de me raviser une fois que j'ai dit non une première fois, de pas envie, saupoudrée de mon habituelle sauvageronnerie.
Et de la déception du-dit copain. Et de mes regrets après-coup, parce qu'après tout, j'aurais pu faire un effort, il avait l'air d'être si heureux de me présenter à sa maman. Bah non. J'ai pas voulu.

Je me souviens de cette fête à laquelle je ne goûtais pas vraiment. Marquant de façon certaine cette fois la vraie fin de l'année, et l'éparpillement du groupe l'an prochain.

Le rattrapage lui-même, par contre c'est plutôt flou.
Covoiturage avec je ne sais même plus qui (un copain qui avait déjà le permis ? la maman de quelqu'un ???) pour me rendre dans la ville où ça se passait, à 30 bornes. Trouver quelqu'un qui me dépose chez tonton/tata à midi et m'incruster pour le repas, en espèrant qu'il puisse me ramener à temps au lycée pour l'épreuve de l'après-midi... Dans mon souvenir, c'était pas calé tout ça, je crois que je ne savais même pas avec qui j'allais rentrer, j'espèrais trouver une place dans une voiture. L'expédition floue, disais-je...
J'avais 13 points à récupérer, dans une filière scientifique -terminale D, maths/sciences nat', je ne sais même pas à quoi ça correspond maintenant- avec un coefficient 5 pour les maths, la physique et les sciences nat'.

J'avais, tout au long de l'année, pleinement conscience de mes faiblesses en sciences physiques, or la note de l'épreuve était partagée équitablement : 10 points pour la mécanique, 10 points pour la chimie. Sauf que la mécanique, no-way, je m'y noyais totalement. Seule solution, tout miser sur la chimie, ce que j'avais fait : j'avais potassé au fond du fond du fin-fond toutes les annales des 10 dernières années, je connaissais tous les pièges des sujets, et toutes leurs résolutions, j'étais incollable en chimie. La preuve, j'ai décroché un 9,5/10, ouééééé.
En contrepartie bien sûr j'ai été bassement attaquée par les vecteurs de forces en méca, et j'ai eu 0,5/10. ça alors !
Soit un total 10 en physique/chimie, waouuuuuh, la moyenne, incrédibeul.
Rien à rattraper sur ce coup-là, difficile de faire mieux. Pour moi.

Par contre en maths, mouaich, 8/20. Pas terrible.
Et en sciences nat', grosse déception : 5/20. La honte, quoi, dans une matière que j'aimais bien... Surtout coeff 5.
Ce sont donc ces 2 matières que j'ai présentées à l'oral au rattrapage.

Le prof qui m'a interrogée en maths a vu que j'étais en difficulté avec les nombres complexes, du coup il m'a proposé un autre sujet. Sympa ! Puis il m'a demandé combien de points il me manquait, et il m'a mis 10.
Celui que j'ai eu en sciences nat' par contre... j'ai eu l'impression de m'être débrouillée pas trop mal, j'avais de quoi dire, les cônes, les bâtonnets et la rétine, et pourtant il m'a mis 8.
Mais bon, tout ça coeff 5, hop, largement rattrapés les points, plié.

Pas glorieux, mais acquis.
Fini les années lycée.

La vâââââââââche, il y a 20 ans, j'avais mon bac. Ce fichu bac.
20 ans.
Tout rond.
20 ans, 2 décennies.
1989  --->  2009.

Argh.

C'est avec ces petites prises de conscience du temps qui file vraiment, que commence la vieillerie ?
Moi qui suis encore si jeune -mouhahaha- bah quoi ?  -mééé euuuh, siiii, d'abord !-, je peux dire "il y a 20 ans..", pour parler d'une époque où j'étais déjà presque grande...
Ayé, je gâgâte.
Mon déambulateur, vite !

Il paraît que 2009 a enregistré le meilleur taux de réussite au bac depuis toujours. Bravo les d'jeunz, pour qui les émotions ont dû être exactement les mêmes que pour nous il y a 20 ans (hiiiiiiiiiii, 20 ans !!!), la pression sur les épaules TOUTE l'année, le speed/stress du bachotage puis cette atroce et interminable attente de l'affichage des résultats... Parce que non, vous ne me ferez pas croire que le bac est plus facile maintenant qu'avant, comme le sous-entendent certains. Je serais sans doute bien incapable de le re-passer, d'ailleurs. Enfin, de le re-avoir, surtout, oh lalalala ! Pas sans bôôôôcoup d'efforts et d'investissement, en tout cas.

...

Du coup j'inaugure une nouvelle catégorie, les "J'me souviens...", tiens hop, piske c'est ça. Piske chuis vieiiiiiiiiiiiiiiille, Bouhouhouhououououh...
;-D