Plutôt perso, quoi.
samedi 11 juin 2016

Probabilité ?

J'aimerais vraiment bien savoir quelle est la probabilité pour qu'un super bon pote, connu il y a 25 ans alors qu'on encadrait ensemble des colos dans le petit village de Bip, ce pendant plusieurs années de suite, puis peu à peu perdu de vue (études, déménagements, mariage, kilomètres, bref amitié qui s'étire, éloignement progressif avant l'arrivée du mobile dans nos vies), quelle est la probabilité donc disais-je, pour que ce super ancien pote se révèle être le... meilleur ami d'enfance du conjoint de ton actuelle copine-directrice ? Alors que vous bossez toutes les 2 à 180 bornes du lieu où il habite ? 

Et que tu découvres ça par hasard maintenant, alors que tu connais Chéri-de-copine depuis 4 ans maintenant ? 

Fin de semaine, les instits terminent la journée entre les rayonnages d'un magasin, conversation anodine à propos de costumes de kermesse, ça a donné un truc du genre :

- De toutes façons si je ne trouve pas de tulle orange, Chéri va à Bip demain pour l'enterrement du grand-père d'un de ses meilleurs amis, il pourra passer à la GrandeVille dans un vrai magasin de tissu et m'en prendre.

- À Bip ? C'est qu'il n'y a pas grand monde là-bas (souvenirs de 10 ans de colo ^^), comment il s'appelle le copain ? Ce serait drôle que je le connaisse ! (hahem)

- Il s'appelle Lo, mais son nom de famille, attends je sais plus...

(le temps s'arrête) (Lo ?! naaan, quand même pas... ???)
Je tente :
- ... Durand ?

- Oui c'est ça ! Mais tu le connais vraiment ?

         

Je ne sais pas comment je suis restée debout tellement ça bouillonnait à l'intérieur.
Ce n'est pas juste une "connaissance", quand on se rend compte qu'on a croisé les mêmes gens et qu'on trouve la coïncidence rigolote. Super-pote, c'était vraiment un super pote qui a été une partie importante de ma vie il y a plus de vingt ans.
J'aurais dû carrément m'étaler dans le rayonnage de tulle pas orange tellement j'avais les jambes en coton (mais je suis restée debout)(je crois)

Sans déconner, lui... !!! ???
NAN MAIS JE RÊVE !!!

On a checké, on parle bien du même, sauf que Copine-dirlo a fait sa connaissance bien après moi. En fait, j'aurais presque pu croiser son chéri dans mes jeunes années, avant qu'elle-même ne le rencontre !
Elle m'a donné des nouvelles, de sa femme (qui bossait dans la même colo), de ses enfants (quand nous avions peu à peu cessé d'échanger des nouvelles, il n'en avait qu'un encore...)

Ils se voient souvent, il vient régulièrement chez eux à MaVille, et moi qui depuis toutes ces années me demande s'il va bien, s'il est heureux dans sa vie, il était tout près par personnes interposées et je ne le savais même pas.

C'est quand même fou, fou, FOU nan ???????

J'ai découvert ça hier soir, je n'en suis toujours pas remise.

(Et j'espère que Chéri-de-Dirlo a trouvé le tulle orange dans la GrandeVille à côté de Bip)

Posté par Mimi Je Reve à 21:14 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

mardi 6 octobre 2009

Note Féline (re)

Bon, d'accord, je vous raconte la suite... :-)

Une des collègues de maternelle a une fille qui travaille dans une pépinière, et celle-ci avait recueilli en septembre -2008- une portée de chatons apportés là, dans la pépinière, un par un par leur mère, qui ensuite n'était plus reparue. Incapable de résister, âme de st Bernard, elle a alors pris chez elle la portée, les a nourris au bib et lait maternisé toutes les 4 h jour et nuit bien sûr, a réussi à en sauver 3 sur les 5, et s'est ensuite occupée de leur trouver un foyer. Ma collègue me parlait souvent de ces petits chatons abandonnés, sans doute pour me motiver à en reprendre un, mais étant encore sous le coup de la disparition de Bulle à peine un mois avant, c'était beaucoup trop tôt pour moi. Et puis ayant toujours eu des femelles, je ne voulais pas d'un mâle. Pourquoi, aucune idée, l'impression qu'une femelle serait davantage câline peut-être, bien que plusieurs personnes m'aient dit que ça n'était pas forcément pas le cas.

Un dimanche soir, 17 novembre 2008 très exactement, 20h, déjà en pyj' je regardais Lilo et Stitch en mangeant une pizz', (ça c'est de l'emploi du temps d'instit qui a terminé ses corrections !) quand ma collègue me téléphone. Sa fille est là pour le we avec ses 3 chatons, ils ont 8 semaines, et il lui en reste un à caser. Ouais mais non quoi, vraiment non, c'est trop tôt, et si Bulle revenait ? Et ma collègue insistait, vantait les mérites du dernier petit mâle, et finit par me dire "Alleeeeez, viens au moins juste les voir, ils sont trop beaux".
Tu parles, si je viens les voir... c'est cuit, obligé !!!

Je me suis rhabillée et je suis allée les voir, bien sûr. Je suis revenue 1h plus tard avec un tout petit truc miaulant dans la voiture. Tout noir, mais à rayures. Si si si, entièrement noir, mais avec des rayures de noir clair et de noir foncé.

                                DSC02343
(Zéphyr, Zeph', Zouph', Zouzou, Zouz', Zouzouille, Zou, El Zouz', Petit-bébé-chat, Minou-joli...)

Mini-machin ultra-câlin, n'ayant absolument pas peur des humains puisque élevé et nourri par eux depuis sa naissance. N'ayant pas lui non plus appris à rentrer ses griffes en jouant... aïe.

Et derrière ces moments de découverte de la vie avec un chaton, pas de tout repos !, la culpabilité.
Et si Bulle réapparaît, qu'est-ce qu'elle va penser ? Que je l'ai remplacée bien vite...
Et la cohabitation ne sera pas possible, non pas à cause de Zéphyr qui n'a absolument pas davantage peur de ses congénères que des humains, bébéchat vivant au pays des bisounourschats, copain avec tout le monde. Mais bien à cause de Bulle et de son fichu caractère.

Un Zéphyr pot d'collle, curieux, maladroit, et troooop mimi.
Toute petite chose assise au milieu du couloir, m'interpellant à coup de "Miiii miii miiiii..."  craquants, confondant mes jambes avec un tronc de palmier, ou s'aggripant le long des habits pour venir s'enfouir le museau dans mon cou, à tétouiller en ronronnant.
Il était si petit que pendant les 10 premiers jours il ne pouvait même pas monter tout seul sur le lit ou sur le clic. Du coup je craignais qu'il tombe en essayant d'en descendre...
J'avais tout le temps peur de l'écraser, surtout la nuit. 

Un soir d'ailleurs, en rentrant j'ai balancé mon cartable sur une pile de sacs traînant dans le couloir, puis j'ai appelé mon mini-chat. Pas de réponse, pas de mouvement dans l'appart'.
         ???
Et puis tout d'un coup j'ai vu la pile de sacs remuer, et un petit museau à moustaches s'extraire difficilement de dessous mon cartable... pôv p'tit Zouzou, presque écrabouillé !
La première fois que j'ai voulu le vermifuger, l'emballage recommandait de ne pas administrer aux animaux de moins de 1 kg, alors je l'ai pesé dans la balance de cuisine : 800 g à peine, la mini boule de poils noirs !

Un Zéphyr, ça laisse souvent sortir un petit bout de langue toute rose pendant qu'il dort. Ce qui ne donne pas l'air malin... mais est assez drôle à voir ^^

Mais un Zéphyr, contrairement à une Bulloche, ça s'attaque à la tapisserie, aux plantes vertes. Et aussi aux posters, aux lampes, aux téléphones s'ils sonnent, aux mouches, aux ceintures, aux stylos, aux semelles, aux cheveux, aux boucles d'oreilles, aux ceintures, aux pendentifs, à tout et n'importe quoi...
... mais qu'est-ce que c'est câlin !

Maintenant qu'il est adulte, -et oui, un an déjà- mon Zouzouille n'est plus du tout un tout petit truc. Il est même très grand pour un chat, et debout sur les pattes arrières il sait ouvrir les portes.
Mais tu ne sortiras pas minou joli, NO WAY, c'est dangereux la ville pour un chat... -merci à l'inventeur du verrou-

Il joue beaucoup bien sûr, sans les dents mais avec les griffes, ne craint pas lui non plus le brumisateur d'eau mais la vue de la bombe de déo est toujours aussi efficace qu'avec sa prédécesseuse. Il veut absolument attraper le linge dans la machine pendant qu'il tourne, et patine à toute berzingue des 2 pattes sur le hublot. Il raffole lui aussi de la compote, et par dessus tout des prunes et abricots, je suis obligée de lui en mettre un peu dans une coupe à côté sinon il me chipe carrément mon fruit. Par contre il se fiche de la salade, et se damnerait pour du jambon. Il a peur de monter sur le rebord de la fenêtre. Quand il était petit, il pleurait carrément -et je ne savais pas qu'un chat pouvait réellement pleurer- quand je passais la porte, je l'entendais jusqu'en bas des escaliers.
Il est toujours tout noir bien sûr. Très noir. Si noir, entièrement noir, tellement totalement noir que comme le dit le frère d'un de mes fillots, quand il ferme les yeux on ne le voit plus... ^^
On distingue encore sur ses cuisses les rayures de différents noirs, selon la lumière.

Et il cause, il cause ! Il miaule, roucoule, râle, réclame, pioune, s'insurge, gramouine, discute, interroge, répond, enjôle...

Il continue de venir caler son museau dans mon cou pour s'endormir, et d'envoyer valser le téléphone dès qu'il sonne. Si vous m'appelez et que le répondeur vous coupe en plein message, vous saurez pourquoi !

                            DSC03137
Non seulement il a viré le socle du téléphone, mais en plus il est amoureux de ma lampe. Il va me la bouffer, oui !!!

...

Et je n'ai toujours pas trouvé le temps de regarder la fin de Lilo et Stitch.

Posté par Mimi Je Reve à 22:30 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
dimanche 4 octobre 2009

Une Bulle

Depuis que je tiens ce blog, je m'étais toujours dit qu'un jour je vous parlerais de mon chat, cas spécial s'il en est. Pas façon chaton cromeugnon, ouh la nooooon...

J'avais toujours dit, pas de chat en appart'. Un chat, ça a besoin de courir dans l'herbe, de chasser les papillons, de dormir au soleil... et puis un jour, concours de circonstances, occasion soudaine, longue hésitation.. et voilà.
Je pensais adopter un chat qui avait besoin d'un foyer, en fait j'ai emménagé avec... un gremlin.

bulle   Et pas des moindres.

Déjà le jour de la rencontre, une Bulle ça vous surprend. 4 mois mais sacré caractère. 
Robe "écaille de tortue-chocolat", c'est à dire grise avec des taches... roses. Jamais vu de chat rose, côté poil je veux dire !!! Comme si elle avait été aspergée par l'explosion d'une boîte de thon. Elle a bien failli s'appeler Miette, du coup. Mais non. Je préférais Bulle. Ah ça, pour être pétillante...
En grandissant, les taches roses deviendront beiges, ce qui est bien plus banal, admettons-le.

Une Bulle, c'est très difficilement approchable, ça feule, ça crache, ça gronde, ça attaque dès qu'on change son environnement.
Une Bulle, c'est une boule de nerf, toujours à vif, toujours sur la défensive, très probable traumatisme quand elle était petite.
Une Bulle, ça se focalise sur mes mains, ça les suit du regard puis ça attaque avec les dents, gare aux mains, avant-bras, mollets, aïe aïe aïe. Grosses factures de désinfectant. Ce qui faisait dire à mes collègues que j'étais dingue de garder une bestiole aussi ravagée. Certes.

Le véto diagnostique dès la 1ère rencontre des troubles du comportement -sans décoooooner ?- , confirmés par l'état de mes mains et bras lacérés, et il suggère que si je ne me sens pas capable de la garder il comprendrait. Que cette pathologie se retrouve dans 2 cas sur 100 environ -et c'est pour ma pomme...- Que ce genre de chat peut être assez dangereux, quand même. Et qu'il vaut mieux que ces psychocats ne se reproduisent pas, d'ailleurs -ça tombe bien, ça n'était pas mon idée, hop, couic !-

Je reconnais qu'il m'est arrivé de me poser la question, une ou deux fois. Pas fastoche tous les jours de se méfier tout le temps, d'anticiper en permanence. Surtout au moment du coucher, quand tapie dans l'ombre elle me sautait sur les mains dès la lumière éteinte, jeu quotidien du soir... J'ai vite appris à ne rien laisser dépasser de la couette, pieds ou coude.
Mais on s'habitue à vivre sur ses gardes, et je ne mettais personne d'autre en danger. C'est sûr que dans une famille avec enfants, la cohabitation n'aurait pas été possible.
Et puis c'est MA Bulle. Avec ses bons côtés entre chaque pêtage de plombs. Malgré tous les lambeaux de peau de bras que j'y ai laissé. Qui, une fois calmée vient se blottir tout contre moi, ronronnante, la patte victorieuse et toute douce posée sur un coin de moi, joue, bras, épaule... Ma schizocat.

Pour me défendre, j'avais misé au départ sur le brumisateur d'eau. Tu m'attaques les mains, je te pschitte. Ah mais. Jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'il ne s'agissait que d'eau...Au lieu de battre en retraite, elle s'est mise à fermer les yeux et à se lécher les babines... avant de repasser à l'attaque. Perdu !
Alors j'ai investi dans une petite bombe de déo bon marché, et là ça a été efficace, après juste quelques pschitts je n'avais plus besoin que de montrer la bombe pour qu'elle cesse ses attaques. Les mamans-chat apprennent à leurs petits -et pas tendrement !- à jouer sans faire mal, sans mordre ni griffer. Bulle n'a visiblement pas appris, pas eu le temps, sevrée trop tôt peut-être ? Elle adore jouer, mais à pleines dents. Aïe.

D'ailleurs le véto, la première année, a dû l'endormir à travers la cage pour pouvoir la vacciner. La 2ème année, il m'a demandé de la maintenir parce que l'assistante n'y arrivait pas. L'avantage, c'est que moi je connaissais mon chat et ses réactions, donc oui, je pouvais effectivement la maintenir. A la 3ème visite annuelle, il n'a toujours pas pu l'examiner mais m'a félicité pour ma patience et les progrès de la bête. Elle crachait toujours, mais... moins. L'habituer aux caresses. La calmer.

Une Bulle, c'est aussi un chat qui répond vach'ment bien à son prénom. Soit qui tourne la tête, soit qui répond, soit qui vient. Jamais rencontré un chat qui rapplique aussi bien quand on -je- le rappelle. Et qui, si elle est un peu loin, miaule, comme pour dire "Je t'ai entendue, j'arrive !"

Une Bulle, ça attend sur le tapis de la salle de bain que tu sortes de la douche, puis ça te lèche l'eau sur les mollets, c'est rigolo...
Parfois, elle saute dans la douche avant moi et essaie d'attraper l'eau qui coule. Ne craint absolument pas d'être mouillée.
Une Bulle, ça joue, tout le temps, et parfois quand tu sors de la douche ben ya plus de tapis... il est de l'autre côté de la salle de bain. Dommaaaaaage !
Des fois quand tu rentres le soir, tu retrouves même le tapis de douche carrément à l'entrée de l'appart.

Une Bulle, ça s'assoit sur la machine à laver quand tu te prépares le matin, en suivant chacun de tes gestes, et ça essaye d'attraper la brosse à cheveux, pendant que tu te coiffes de préférence.

Une Bulle, ça fait des bisous. Oui oui.

Une Bulle, ça raffole de l'herbe dans le pot d'herbe-à-chat, et ça se laisse embrasser dans la nuque, là où c'est le plus doux, pendant qu'elle grignote sa verdure.

Une Bulle, ça ne touche ni aux papiers-peints, ni aux plantes vertes. Tant mieux !

Une Bulle, ça ne mange pas de viande. Ni croquettes, ni pâtée à la viande. Croquettes au poisson exclusivement sinon elle n'y touche pas. Et tu peux laisser poulet, jambon ou crevettes sur la table, rien à craindre. Par contre la salade, la mâche surtout... elle se sert. Elle met le nez dans mes compote et m'en boulotte le quart. Si je la laisse faire ? Bah bien sûr, allons, c'est MA Bulle... Et la pomme, elle croque carrément dedans.

Une Bulle, c'est câlin... parfois. Pas souvent. Mais de plus en plus, quand même. Brefs instants.
Une Bulle, ça s'approprie un doudou, au départ une trousse en poils de muppets orange dans laquelle je comptais ranger des feutres... c'est devenue la sienne, mâchouillée, traînée dans tout l'appart dans la gueule comme une mère-chat traîne ses petits, en gramouinant, et je retrouve la trousse dans mon lit, sur le canapé, sur le tapis de douche, dans sa boîte, devant la porte, n'importe où... La trousse baladeuse, j'adore.

Une Bulle, au bout de 2 ans de cohabitation, commence doucettement à demander à venir sur tes genoux, d'elle-même, alors tu vires l'ordi vite vite pour profiter à fond des 10 minutes suivantes. Parce qu'elle se redressera aussi soudainement qu'elle est venue, sans prévenir, réveil en sursaut et coup de dents en guise d'au revoir.

Ma Bulloche sur les genoux, les yeux dans les yeux.
Dompteur/domptée, égalité.

Et puis quand on ne fait pas ce qu'elle veut, une Bulle frappe. Ouais, ouais, un coup de patte sur ton pied, et fort en plus ! La première chatte vindicative que je rencontre.
Une Bulle, ça peut faire front à 3 humains dans un couloir, sans reculer, juste en grondant. Dont une tante qui n'osait plus aller faire pipi, du coup. Une Bulle, ça peut faire peur, oui oui. Si t'avances, tu prends un coup de patte, schping.

Une Bulle, c'est un gremlin, certes, mais c'est MON gremlin.

Une Bulle ça prend vite l'habitude de sortir une heure le soir quand je rentre du boulot. Avant que la nuit ne tombe, je sors sur le parking, je l'appelle, elle rapplique illico, je la choppe au vol ou bien je l'attire avec un brin d'herbe ou un morceau de bolduc, et on remonte toutes les 2.
Et puis parfois, quand elle demande à sortir, elle est si excitée de voir que je viens lui ouvrir qu'elle me crache et m'attaque. Alors je n'ouvre pas, j'attends que madame se calme...
Quand elle est dehors, je surveille les bruits dans la rue, parce qu'il y a 4 autres chats dans l'impasse, et mon associale notoire se sauve en crachant et en triplant de volume si l'un d'eux l'approche de trop près. Alors je bondis et ouvre la porte, et elle me file entre les jambes ventre-à-terre. Pas besoin d'aller la chercher, ces fois-là...

Un mercredi 1er octobre, en 2008, ma Bulloche me réveille de la sieste pour sortir. Je lui ouvre. Fin d'après-midi, je descend la chercher, pas de Bulle. Même pas l'habituel miaulement qui dise "je suis là, j'arriiive !", non plus.
Gloups.

Une Bulle, ça disparaît comme ça, sans prévenir... malgré les longues balades dans les quartiers environnants à appeler, les mauvaises nuits à somnoler en espérant l'entendre gratter à la porte, à se précipiter au moindre bruit dans l'escalier, les appels sur le parking quitte à passer pour une folle vis-à-vis de l'immeuble en face, les affichettes avec photo distribuées dans les boîtes aux lettres, les coups de fil à la spa en précisant son numéro de puce d'identification, au cas où quelqu'un la trouve, les coups de fil de gens pensant avoir vu un chat gris, la découverte d'un tas de jardins et parcs cachés derrière les hautes grilles, insoupçonnables, les visites plusieurs mois après à la gentille vieille dame 3 rues plus loin.
Passage à vide, forcément.
(C'était là)

Une Bulloche, ça manque. Longtemps. Même un an après. Il m'arrive encore d'appeler, parfois le soir, sur le parking, quand je rentre tard. Des fois que...

                                019   

Posté par Mimi Je Reve à 21:30 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
jeudi 27 mars 2008

(oh et puis après tout, un blog ça doit aussi servir à ça...)

C’était mi-septembre. 1993.

 

Mamy était malade, très, et tous les jours avec mon permis tout neuf je véhiculais mon grand-père jusqu’à l’hôpital.

 

Il échangeait quelques mots brefs avec elle, s'agaçait des non-dits des docteurs, tournait en rond quelques minutes et s’en allait en ville, me laissant là tout l’après-midi. Comme une gêne pour lui de rester dans cette chambre d’hôpital. Mamy s’inquiétait de ce qui se passait à l’extérieur, s'inquiétait de la famille, posait plusieurs fois les mêmes questions. Puis elle somnolait.
Je faisais des mots fléchés.
Il repassait le soir, et nous rentrions tous les 2, faire face aux multiples coups de fil demandant des nouvelles, tous, obligations familiales, les petits à l’école, les grandes en vacances avec le petit copain tout neuf, ou en révision pour examen…
Je leur en voulais un peu de ne pas être là, elles, mes cousines. Moi je n’aurais pas voulu être ailleurs. Les vacances et les bêtises on les avait faites ensemble dans cette maison, et puis là il n’y avait plus personne. Que de la distance et le téléphone.L’ambiance était lourde mais j’étais contente d’être là, même si je n’avais pas emmené tous mes cours pour réviser les partiels à repasser, même si j’avais encore la tête dans 2 mois de colos fabuleux et riches en émotions, et un genou tout fraîchement en vrac.

Seule là, à table, en face d’un Papy triste, taciturne et dépassé, s’exprimant par monosyllabes. Là, dans cette 205 ronflante usée par les mauvais traitements infligés par un propriétaire sourd, lequel me houspillait parce que je prenais mes ronds-points beaucoup trop prudemment. Et Dieu qu’il y en a, des ronds-points pour aller jusqu’à Montpellier. Je me sentais maladroite et tellement impuissante, toute petite, mais je voyais Mamy tous les jours et je pouvais l’embrasser.

 

J’étais toute seule le soir devant la télé, parce que Papy préférait aller au lit (lire ? je crois plutôt qu’il ruminait, en tout cas il ne dormait pas), programmes nuls et pourtant Papy avait investi dans un décodeur, mais rien, envie de rien. Juste envie de passer plus de temps avec Mamy, semi-consciente. Ou d'espérer un miracle. Ce soir quand je l’avais bisée en lui souhaitant une bonne nuit, elle m’avait rappelé de ne surtout pas oublier de lui rapporter des esquimaux à la vanille, demain. Ma gourmande Mamy.
Je zappais, retardais le moment de retrouver, seule, la mezzanine, d'ordinaire emplie de fofolles, de chahuts et de rires, mais si silencieuse et étouffante en cette fin d'été.
Rien à la télé, pas vraiment sommeil, pas envie d'aller me coucher... J’en arrivais à regarder les résultats du foot, c’est dire l’ambiance et le néant. Soir après soir.  Il a de beaux yeux, ce journaliste sportif, n’empêche. Soir après soir.

 

Il  y a eu ce coup de fil vers 23h30, le temps qui s’arrête, Papy qui décroche dans la chambre, mon cœur qui s’arrête à son tour, chercher la touche mute de la zapette, le son qui s’arrête, essayer d’écouter la conversation dans la pièce à côté, Papy qui grogne, ce silence, chercher désespérément un indice qui orienterait sur une autre piste, non, ce n’est pas ça, non, (mais qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?), se concentrer sur les beaux yeux du journaliste muet.
Entendre le déclic, Papy a raccroché, approcher de la chambre tout doucement, le trouver debout en slip sur le pas de sa porte, perdu, fragile, l’embrasser. Laisser couler ce qui doit couler. Eteindre la télé et le journaliste aux beaux yeux.

 

Ensuite Papy est allé direct dans la bahut de la cuisine et a avalé une grosse rasade de whisky, au goulot. On s’est habillés. Ces put%*+$ de ronds-points de nuit, la vue brouillée, le garde à la barrière de l’hosto qui fait semblant de ne pas comprendre et m’oblige à répéter 3 fois le pourquoi de notre présence.
Mamy, droite et immobile dans la pénombre de cette chambre anonyme.
Mamy droite et belle allongée dans cette véranda le lendemain.
L’organisation de ce lendemain, ces ordres secs de Papy de faire la véranda à fond pour enlever toutes ces grosses araignées, de changer les draps de toutes les chambres, de… maquiller Mamy. Il la trouvait trop pâle, pas assez souriante.

Maquiller Mamy.
Ultime tête à tête entre elle et moi. Privilège. Difficile. Très. Mais privilège, incontestablement.
 
L’arrivée de tout le monde, l’inondation générale, une cousine qui regrette de n’avoir pas pu lui dire au-revoir, elle aurait pu venir, si seulement elle avait su (c'est pas faute d'avoir pris des nouvelles, pourtant). Une autre qui s’inquiète de moi (ça ira bien, merci.) Les souvenirs, les anecdotes avec Mamy, qui provoquent les sourires.

...

 

 

 

 

 

Les yeux de ce journaliste sportif. Je me fiche bien des résultats de foot, mais à chaque fois que je suis tombée par hasard sur cet homme dans mon petit écran, le salon sombre, le téléphone qui résonne dans la nuit, l’aller-retour à l’hôpital, tout était à nouveau là.
Et son regard clair comme un soutien. Comme un secret entre lui et moi.
Entre Mamy, lui et moi.

...

Thierry Gilardi vient de mourir brutalement, et depuis mardi soir, j’accuse le coup assez fort.
Je vais être à court de kleenex, ça coule, ça coule, ça coule.
C’est inattendu, comme nouvelle déjà, et comme réaction de ma part. Dépassée.
Mais ça me fait vraiment quelque chose. Par vagues dans la journée, ça monte pis ça déborde... un peu. J’ai lâchement accusé les pollens, à l’école aujourd’hui, pour couper court aux questions.
Et ça coule en tapant, je trouve les touches à tâton, je ne vois plus ce qui est écrit dessus. Je ne sais pas comment on peut contenir autant d’eau.


Je ne croiserai plus les beaux yeux du journaliste, Mamy, tu sais ?
C’est tellement injuste pour sa famille.

 

 

Posté par Mimi Je Reve à 19:29 - - Commentaires [17] - Permalien [#]