mardi 1 avril 2008

Les petits poissons, dans l'eau...

Je cherchais quelque chose pour aller à la pêche, bien gros, bien drôle, mais l'inspiration n'est pas venue...
En désespoir de cause, j'ai choisi de leur dire que dès la semaine prochaine j'allais quitter l'école pour aller dans une autre ville (bof). Mon collègue m'avait bien rappelé que c'était à double tranchant... et si jamais cela soulevait une vague d'enthousiasme ?!!! (arrrgggh)

Mais non, au contraire, une marée de "Ooooooh noooooon, mais pourquooooooi...?", de mines inquiètes et déçues (yiiiipiiiie !!!) (ça fait super du bien à l'égo, si si si !)
Alors je ne les ai pas fait "mariner" (huhuhu) trop longtemps, et j'ai écrit en gros au tableau.

                                    Poisson d'avril   !!!

Il y a eu beaucoup de rires de soulagement (ça aussi ça fait du bien), et même un "Haaaaan, j'en étais sûr !" (mais bien sûr...)

                                            ****

Quelques CM par contre ont réussi à bien bien gâcher l'ambiance blagueuse de la journée. Cela avait bien commencé pourtant, de grandes filles sont venues me dire qu'il y avait un éléphant sous le préau, puis elles ont fait croire à leur maître qu'il y avait un blessé un peu plus loin, classique, bref. Ils avaient aussi découpé de jolis petits poissons colorés, se débattaient avec le scotch, s'approchaient plus ou moins discrètement et se donnaient des tapes dans le dos, l'air de rien. Rigolo.

Cela s'est gâté vers midi, quand les jolis et innocents poissons de la récré se sont parés de messages carrément vulgaires, et ont été déposés sur la porte de la cantine. Et dans le dos des plus jeunes.

Je vous passe la suite, en gros on a passé l'après-midi à attendre que les coupables aient le courage de se dénoncer eux-mêmes au lieu d'accuser les autres (alors qu'on avait reconnu les écritures) et cessent de se défausser ("c'est moi qu'ai écrit mais c'est pas moi qu'ai mis le scotch"), et qu'ils prennent un minimum conscience que leurs actes n'engagent pas que eux, mais également les plus petits qui ont trouvé les poissons, les cantinières qui se sont senties visées, etc. Et que la grossièreté est inadmissible.
(surtout avec des fautes d'orthographe.)

(Je voulais vous en montrer un spécimen, mais... hahem, j'arrive pas à trouver la commande de mon scanner, un comble !!! y'a pas l'icône et je ne le trouve pas dans les programmes, alors que je me sers de l'imprimante régulièrement, c'est du total grand n'importe quoi. Et comme là je suis bien naze, je crois que je ne trouverai pas ce soir... Allez zou, au dodo.)

PS : un poisson qui me fait bien rire par contre, quand on a des petits et que l'on sait garder son sérieux... c'est par là !

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dimanche 30 mars 2008

Re-tag

_cole

  Alors donc, on disait, que Little Girafe m'avait encore tagguée. Oh la la la la la !

Cette fois cela concerne mes manies de maîtresse. Je vais vous la faire en une fois cette fois (fois fois fois fois), parce que je pense que j'aurai moins besoin de développer. Encore que... on va voir ! Si c'est trop long je coupe, promis.

Donc, 6 de mes manies de maîtresse...

1 - J'ai toujours des pleines poches de trombonnes. Quand je prépare mon (leur) boulot, je trombonne les paquets de feuilles pour mieux me repérer. Et quand je tends le paquet à distribuer à celui qui est de service, j'enlève le trombonne, et comme généralement je suis loin du bureau à ce moment, bé je glisse le trombonne dans ma poche arrière. Alors quand je vide mes poches avant la lessive... je retrouve à chaque fois une bonne quinzaine de trombonnes. Il y a donc des grappes de trombonnes errant sur ma machine à laver, sur ma table de nuit, sur le table basse du salon, sur le micro-onde... là où je suis quand je pense à les enlever de mes poches !

2 - J'appelle souvent mes élèves "jeune fille", "jeune homme", ou "jeunes gens".
En début d'année ça les étonne un peu... mais il s'y font vite. Il y a toujours les rebelles qui pouffent et qui rétorquent :
"Maiiiiiiis on n'est pas des jeunes gens, pfffff !!!"
Ah bon ? Tu n'es pas jeune ? (euuh, si) Tu n'es pas une personne ? (euuuuuh, si)
Et ben alors ?! En rang, jeunes gens !

3 - Il règne sur mon bureau un bazar... hahem. J'essaie d'y remédier vite, c'est pas un exemple, bla bla bla, mais c'est plus fort que moi, ça s'empile ça s'empile ! Le travail à faire, celui à corriger, les dessins offerts, les bricoles amenées pour "montrer aux copains" (glands, jolis cailloux, photos du chien du tonton, carte postale de la tour Eiffel, et dernièrement des francs, comme on est dans la monnaie c'est bien), stylos en pagaille (c'est bien le mot !), affaires sans propriétaire, choses trop bien trouvées sur internet et imprimées à la va-vite que je ne sais pas dans quoi ranger, livres à réparer, matériel divers, frelon mort dans une boîte kinder, documents en vrac...
Pfffff. Souvent je n'ai pas le courage de m'attaquer à mon bureau le soir, alors je reviens, au calme, le mercredi ou le samedi aprèm'...

4 - Quand le silence tarde à venir, je me pose en face d'eux, appuyée au tableau ou à un mur, je croise les bras, avec un air très agacé, et je regarde ailleurs (par terre ou par la fenêtre, généralement.) (Enfin, ça c'est ce qu'il croient, parce que je ne perds pas une miette de celui qui fait le zozo au lieu de s'installer correctement ET VITE.) (L'enseignant a une vision périphérique ultra développée !)
Mais surtout je ne dis pas un mot.
Le premier rang ne tarde alors pas à se retourner vers les perturbateurs, "Chuuuuuut, la maîtresse atteeeend !"
ça ne marche plutôt bien... pour le moment.

5 - Quand un élève du 1er rang est absent, je réquisitionne sa table, qui devient alors annexe de mon bureau, j'y étale mon bazar (c'est pas ma faute, c'est plus fort que moi !), et je m'assois même carrément dessus au moment de leur lire une histoire. J'aime bien être assise sur une table...
Ceci dit c'est quand même rare, le taux d'absentéisme est très faible (0% pour novembre/décembre/janvier, par exemple !)
Ils pètent la forme, mes loulous.

6 - Comme les trombonnes, je me débarrasse parfois de mon stylo rouge (pilot  hi-tecpoint v5, toujours !) dans la poche arrière du jean's, et je l'oublie, et je le cherche partout ensuite, et je demande au 1er rang si je ne l'aurais pas laissé chez eux, et tout le monde cherche, et... je le retrouve à la récré quand je vais faire pipi. Ben vi, parce que le-dit stylo rouge se carapate de la poche généralement à ce moment-là. Et il tombe. Par terre, jusqu'à présent, ouuuuf.

(Y'a un peu plus, j'vous l'laisse ? Alleeeez...)
7 - J'aime que les tableaux soient bien nets pour commencer la journée. Les enfants de service lavent les tableaux le soir (quand on a le temps), mais ces chers petits ne savent pas tordre une éponge alors ça dégouline et ça fait des traînées, ou alors ils frottent dans tous les sens, et comme ils ne rincent pas bien l'éponge et ça laisse des traces blanchâtres en séchant... Alors le soir je relave le tableau, comme il faut, mais je ne leur dis pas bien sûr...

8 - Je dis souvent que je suis désolée qu'ils aient mal à la dent, là, au pied, juste là, au ventre, au doigt quand ils font comme ça, au genou, à la nuque, au coude où il y a une micro-égratignure, etc, vraiment je suis super désolée pour eux, mais que je n'ai pas ma baguette magique sur moi aujourd'hui, qu'ils vont devoir souffrir en silence. Ce qui les fait rire.
Bizarrement d'ailleurs, ils n'ont jamais mal à la langue...

9 - Quand ils font un travail nécessitant les crayons de couleur, je passe dans les rangs, je cherche dans les trousses et je taille les crayons qui en ont besoin. D'une part quand c'est moi qui taille, la mine casse moins, et ensuite c'est l'occasion d'échanger quelques mots individuellement. Et c'est caaaalme...
Bien sûr, je ne peux faire cela que parce que je n'ai qu'un seul niveau, c'est à dire juste cette année. Et aussi parce que ce sont des CE1, encore pas trop grands...

...

Bon, c'est officiel, cette maîtresse ne sait définitivement pas compter. :-D
*soupiiiiir...*
Je ne taggue personne à mon tour, parce que vu que je suis à la bourre, je ne sais plus qui l'a fait ou non parmi les collègues que je lis. Alors si ce n'est pas votre cas, et bé... servez-vous, surtout !

Euuuuh vous saviez que trombonne en fait ça s'écrit trombone ? C'est quand même fou, non ? Y'a des mots, comme ça...
Heureusement que j'ai vérifié !

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vendredi 28 mars 2008

Tiens...?

C'est arrivé dans la classe d'un collègue, qui s'est empressé de me raconter à voix basse, et que je vous divulgue à mon tour, mais j'ai confiance, vous ne répéterez pas n'est-ce pas ? N'EST-CE PAS... ???

La classe se rend au terrain de sport, et alors que la petite troupe en rang par 2 passe sur le trottoir en face de chez lui, un élève s'écrie :
- Tiens, pourquoi y'a la voiture de maman ? Elle m'avait dit qu'elle travaillait cet après-midi ?

Puis 30 secondes plus tard :
- Tiens, pourquoi y'a aussi la voiture de Gilles, le copain de papa ?


(Mouhahahahaha...)

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jeudi 27 mars 2008

(oh et puis après tout, un blog ça doit aussi servir à ça...)

C’était mi-septembre. 1993.

 

Mamy était malade, très, et tous les jours avec mon permis tout neuf je véhiculais mon grand-père jusqu’à l’hôpital.

 

Il échangeait quelques mots brefs avec elle, s'agaçait des non-dits des docteurs, tournait en rond quelques minutes et s’en allait en ville, me laissant là tout l’après-midi. Comme une gêne pour lui de rester dans cette chambre d’hôpital. Mamy s’inquiétait de ce qui se passait à l’extérieur, s'inquiétait de la famille, posait plusieurs fois les mêmes questions. Puis elle somnolait.
Je faisais des mots fléchés.
Il repassait le soir, et nous rentrions tous les 2, faire face aux multiples coups de fil demandant des nouvelles, tous, obligations familiales, les petits à l’école, les grandes en vacances avec le petit copain tout neuf, ou en révision pour examen…
Je leur en voulais un peu de ne pas être là, elles, mes cousines. Moi je n’aurais pas voulu être ailleurs. Les vacances et les bêtises on les avait faites ensemble dans cette maison, et puis là il n’y avait plus personne. Que de la distance et le téléphone.L’ambiance était lourde mais j’étais contente d’être là, même si je n’avais pas emmené tous mes cours pour réviser les partiels à repasser, même si j’avais encore la tête dans 2 mois de colos fabuleux et riches en émotions, et un genou tout fraîchement en vrac.

Seule là, à table, en face d’un Papy triste, taciturne et dépassé, s’exprimant par monosyllabes. Là, dans cette 205 ronflante usée par les mauvais traitements infligés par un propriétaire sourd, lequel me houspillait parce que je prenais mes ronds-points beaucoup trop prudemment. Et Dieu qu’il y en a, des ronds-points pour aller jusqu’à Montpellier. Je me sentais maladroite et tellement impuissante, toute petite, mais je voyais Mamy tous les jours et je pouvais l’embrasser.

 

J’étais toute seule le soir devant la télé, parce que Papy préférait aller au lit (lire ? je crois plutôt qu’il ruminait, en tout cas il ne dormait pas), programmes nuls et pourtant Papy avait investi dans un décodeur, mais rien, envie de rien. Juste envie de passer plus de temps avec Mamy, semi-consciente. Ou d'espérer un miracle. Ce soir quand je l’avais bisée en lui souhaitant une bonne nuit, elle m’avait rappelé de ne surtout pas oublier de lui rapporter des esquimaux à la vanille, demain. Ma gourmande Mamy.
Je zappais, retardais le moment de retrouver, seule, la mezzanine, d'ordinaire emplie de fofolles, de chahuts et de rires, mais si silencieuse et étouffante en cette fin d'été.
Rien à la télé, pas vraiment sommeil, pas envie d'aller me coucher... J’en arrivais à regarder les résultats du foot, c’est dire l’ambiance et le néant. Soir après soir.  Il a de beaux yeux, ce journaliste sportif, n’empêche. Soir après soir.

 

Il  y a eu ce coup de fil vers 23h30, le temps qui s’arrête, Papy qui décroche dans la chambre, mon cœur qui s’arrête à son tour, chercher la touche mute de la zapette, le son qui s’arrête, essayer d’écouter la conversation dans la pièce à côté, Papy qui grogne, ce silence, chercher désespérément un indice qui orienterait sur une autre piste, non, ce n’est pas ça, non, (mais qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?), se concentrer sur les beaux yeux du journaliste muet.
Entendre le déclic, Papy a raccroché, approcher de la chambre tout doucement, le trouver debout en slip sur le pas de sa porte, perdu, fragile, l’embrasser. Laisser couler ce qui doit couler. Eteindre la télé et le journaliste aux beaux yeux.

 

Ensuite Papy est allé direct dans la bahut de la cuisine et a avalé une grosse rasade de whisky, au goulot. On s’est habillés. Ces put%*+$ de ronds-points de nuit, la vue brouillée, le garde à la barrière de l’hosto qui fait semblant de ne pas comprendre et m’oblige à répéter 3 fois le pourquoi de notre présence.
Mamy, droite et immobile dans la pénombre de cette chambre anonyme.
Mamy droite et belle allongée dans cette véranda le lendemain.
L’organisation de ce lendemain, ces ordres secs de Papy de faire la véranda à fond pour enlever toutes ces grosses araignées, de changer les draps de toutes les chambres, de… maquiller Mamy. Il la trouvait trop pâle, pas assez souriante.

Maquiller Mamy.
Ultime tête à tête entre elle et moi. Privilège. Difficile. Très. Mais privilège, incontestablement.
 
L’arrivée de tout le monde, l’inondation générale, une cousine qui regrette de n’avoir pas pu lui dire au-revoir, elle aurait pu venir, si seulement elle avait su (c'est pas faute d'avoir pris des nouvelles, pourtant). Une autre qui s’inquiète de moi (ça ira bien, merci.) Les souvenirs, les anecdotes avec Mamy, qui provoquent les sourires.

...

 

 

 

 

 

Les yeux de ce journaliste sportif. Je me fiche bien des résultats de foot, mais à chaque fois que je suis tombée par hasard sur cet homme dans mon petit écran, le salon sombre, le téléphone qui résonne dans la nuit, l’aller-retour à l’hôpital, tout était à nouveau là.
Et son regard clair comme un soutien. Comme un secret entre lui et moi.
Entre Mamy, lui et moi.

...

Thierry Gilardi vient de mourir brutalement, et depuis mardi soir, j’accuse le coup assez fort.
Je vais être à court de kleenex, ça coule, ça coule, ça coule.
C’est inattendu, comme nouvelle déjà, et comme réaction de ma part. Dépassée.
Mais ça me fait vraiment quelque chose. Par vagues dans la journée, ça monte pis ça déborde... un peu. J’ai lâchement accusé les pollens, à l’école aujourd’hui, pour couper court aux questions.
Et ça coule en tapant, je trouve les touches à tâton, je ne vois plus ce qui est écrit dessus. Je ne sais pas comment on peut contenir autant d’eau.


Je ne croiserai plus les beaux yeux du journaliste, Mamy, tu sais ?
C’est tellement injuste pour sa famille.

 

 

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mardi 25 mars 2008

Tag-séveune

7 - J'ai un tic de langage (naaan, sans déc' ???)

Je ne vous ferai pas l'affront de vous dire lequel... ?!

J'en ai pris conscience lors de ma toute première année d'enseignement, une classe de maternelle. Je travaillais avec les grandes sections, les petits peinturluraient avec l'atsem, et les moyens disposaient de quelques minutes au "coin jeux d'imitation". Et ce petit groupe jouait à ce moment-là à... la maîtresse.
Tout en appuyant sur le sens du tracé du chiffre 9 avec mes grands, je laissais traîner une oreille en direction des moyens, et je suis restée scotchée par la véracité de l'imitation. Cette petite bonne femme haute comme trois pommes qui tenait mon rôle avait ma posture, mes intonations, ma façon de m'adresser à eux, et ponctuait une phrase sur deux par des "Non mais je rêêêêve !" bien appuyés, plus vrais que nature. Ma super atsem se mordait les lèvres très fort pour ne pas rire. Le groupe de ceux qui "jouaient aux élèves" en rajoutait 3 tonnes, singeant le copain, le sage prenant le rôle d'un remuant et vice-versa. Un vrai jeu de rôle spontané. Et la petite maîtresse avait du fil à retordre avec ce groupe déluré, qu'elle menait d'une main de fer.
Je me suis vue. Je me suis entendue, surtout.

Donc oui, d'accord, je le dis très souvent, version courte (2 mots), ou version longue (4, ou parfois même 5), tout dépend des circonstances. Souvent c'est spontané, c'est le propre d'un tic langagier n'est-ce pas. Parfois j'en rajoute un peu...
Et puis, il y a les mimiques qui vont avec,
les yeux au ciel, exaspérée,
les yeux écarquillés version là-tu-exagères,
sourcils froncés version là-ça-va-pas-du-tout-tu-te-fiches-de-moi-non-mais-ho
sourcil levés et mouvement de tête de gauche à droite, version désabusée,
bouche bée version scotchée/vraiment surprise...

Nan mais attends, je rrrrrrrrêêêve !!!

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lundi 24 mars 2008

Tag-sics

6 - Je suis sujette à "la peur de tomber dans le vide".
Ce qui n'est pas tout à fait la même chose que le vertige.

Je ne peux pas me pencher au bord d'une falaise. Mais comme j'ai quand même très envie de voir en bas, je peux avancer assise. (Voire en rampant !!!) Pas de risque de basculer quand on est assis. Bon, pas trop près du bord quand même, hein.

Je ne peux pas m'appuyer sur la rambarde d'un balcon si je n'ai pas vérifié sa solidité, en la secouant un peu par exemple. (Ce qui est forcément relatif, bien sûr.)
Monter sur un escabeau... hahem, tant que je me tiens aux montants, si les pieds sont bien posés par terre, ok.
Quand je dois tout lâcher pour attraper l'ampoule, rien ne va plus.
Même en classe, tenir d'une main les punaises et de l'autre l'affiche, ben la maîtresse elle est pas fière tout en haut de son escabeau...

J'aime beaucoup skier, mais prendre le télésiège reste un moment pénible, quand même. Si je suis assise au milieu, bien calée ça peut aller. Si je me retrouve au bord... je pourrais glisser entre le siège et le garde-corps, on sait jamais ! (quoi ça risque rien ? Ouais ben on sait pas, hein, entraînée par le poids, le matos + moi, les habits qui glissent, ça peut passer, on sait pas et je ne veux pas tenter !) Pire, un télésiège en descente... comme en février où nous n'avons pas pu rejoindre la station par la piste habituelle, because plus de neige !, il a fallu redescendre en télésiège. Oh lala, cette descente pendue au dessus du vide... une torture. Vraiment. Et en plus ma frangine respirait (nan mais quelle idée aussi), ça faisait tout bouger, l'horreur !!! Je rigolais nettement moins, là.

Ce n'est pas du vertige dans le sens où je n'ai pas la tête qui tourne, la vue qui se brouille tout ça, non, juste... je pourrais tomber, et à partir d'une certaine hauteur tomber ça peut quand même être un peu douloureux, non ?

En ce moment il est question à l'école que le voyage de fin d'année soit une sortie "accrobranche". J'ai déjà prévenu les collègues que je ne quitterai pas la terre ferme... Je les attends en bas !
Je crois qu'il me serait totalement impossible de traverser un ravin sur une passerelle remuante, genre Indiana Jones ou... Schrek, même. (Haha, ça c'est de la référence, hein !)
Ou peut-être à plat ventre.
Et encore.

En fait si je vois, si je sens que je NE PEUX PAS tomber, aucun problème avec le vide.
Mais si la balustrade est un peu branlante, ou même s'il n'y a aucune barrière... je ne m'appuie pas, je ne m'approche pas, je ne me penche pas.

IM-POS-SIBLE.

* hééé, tu savais que rembarde en fait ça s'écrit rambarde ? Ben moi, je viens de découvrir !

 

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samedi 22 mars 2008

Tag-faïve

5 - Je n'ai pas le sens de l'orientation.

Je n'entrerai pas dans la polémique comme quoi le cerveau des hommes, celui des femmes, gna gna gna... Je ne sais pas pour les autres, je parle pour moi.

D'ailleurs j'ai plutôt coûtume de dire que j'ai le sens de l'orientation, mais qu'il est juste différent de celui du commun des mortels. Bon, soyons honnête, puisque je suis seule contre tous... alors j'admets que je n'ai pas le sens de l'orientation, votre sens de l'orientation.
Dans cette dimension-ci, en tout cas. Je suis bien certaine que MON sens de l'orientation est valable, en fait, mais... pas ici visiblement. Sans doute dans un univers parallèle auquel je dois avoir accès inconsciemment parfois. Et comme je ne peux pas le prouver bien sûr, on va donc dire que je n'ai pas le sens de l'orientation. Soit.

D'ailleurs mon sens de l'orientation n'est pas inexistant, il est même carrément négatif.
Je raisonne, ça me paraît logique, normal, si ça c'est là alors ça c'est forcément de ce côté. Hé bé y a pas moyen, ça marche quasiment jamais.

En fait, je crois bien que je n'ai pas de représentation spatiale interne des relations des choses entre elles. Des lieux entre eux. Je vois bien, sur les cartes devant moi, mais je ne vois pas "à l'intérieur". ça reste au niveau de la vue, je n'intègre pas dans le tout-dedans. T'enlèves la carte, je vois plus rien du tout.
Je ne suis pas bonne du tout en géographie, ça a probablement un lien.

Alors les trajets en voiture... hahem, je ne vous dis pas.
Lire une carte routière ? Ha, mais je fais de mon mieux, hein ! Mais même quand ça me semble clair sur la carte, ça ne correspond jamais à la réalité, siiiii, j'ai remarqué d'abord. Et c'est quand même pas de ma faute si les cartes ne correspondent pas au terrain, hein ?!

Un exemple ? Je n'ai toujours pas compris pourquoi, chez l'un de mes cousins, la mer est à gauche de la route, mais après 15 bornes pour aller à la plage, elle se retrouve à droite de la route ???????
"On" m'a expliqué, plusieurs fois, plusieurs personnes, en regardant sur une carte, avec un schéma, mais siii, regarde, c'est logiiiiique !, etc, sur le coup je comprends, la côte forme une avancée dans la mer et en fait on traverse cette avancée, mais dès que je n'ai plus le dessin sous les yeux... ça n'a rien de logique du tout, ça me perturbe. Là généralement mon interlocuteur pousse un grand soupir, me regarde avec un air totalement désolé en secouant la tête, limite il a pitié de moi, même. (m'en fous.)

Dans une ville (bon, de taille relative, d'accord), généralement je maîtrise pas trop mal les quartiers mais s'il faut passer de l'un à l'autre par un trajet inhabituel... c'est fichu. Si je sais aller dans le quartier B depuis le quartier A, et que pour une fois je pars du quartier C pour aller dans le B, quand bien même fussent-ils voisins, il faut que je repasse par le A. Ce qui fait beaucoup rire ma frangine, c'est déjà ça remarque. Je n'ai pas de vue d'ensemble, du tout. Même en regardant sur le plan du calendrier juste après pour me prouver que ça faisait un bon détour, et ben non... ça ne me parle pas, ça ne représente rien, j'ai pas accès aux infos que tout le monde semble intégrer...
(d'abord les plans c'est n'importe quoi, je ne sais pas qui les dessine, mais alors, n'im-por-te-quoi ! Cette rue, elle est certainement pas comme ça, je le sais quand même, je la prends tous les jours !)

Cette incapacité ouvre la porte à de grandes moqueries dans ma famille, de bons jeux de mots, des vannes, des vannes, des vannes (qui me font rire aussi), c'est tout à fait récurrent. Quand je dois aller quelque part un peu loin, mon papa me fait la liste des axes à prendre et des sorties à suivre. Avec des mots, par écrit, un plan spa la peine ! Je me sers pas mal de mappy aussi.

Heureusement, bien que ma marraine la fée ait correctement foiré sur le point orientation, elle m'a dotée par contre d'une patience assez élevée. (Envers moi-même, déjà, et ce n'est pas rien)
Donc ça ne me gêne pas de tourner en rond jusqu'à ce que je trouve enfin la bonne route/rue/direction/indication, ou même de faire des maxi-détours.
Enfin, à condition que j'ai du temps devant moi, pas d'heure de RV fixe, parce que par contre je déteste arriver en retard.
En cas de point de rv inconnu avec heure limite d'arrivée, je prends toujours la peine, soit de repérer le chemin les jours précédents, soit de prévoir une marge de temps trèèès confortable. (quitte à arriver super en avance et à attendre dans la voiture ensuite.)

ET je suis toujours arrivée à bon port, toute seule comme une grande, je n'ai jamais appelé à l'aide oscourt je suis perdue heeeelp ! Et ça me fait marrer, toute seule dans ma tite voiture, tellement je sais qu'à chaque fois ça va encore (ne pas) marcher... mais que je vais finir par y arriver. SI.

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vendredi 21 mars 2008

Tag-for

4 - Je suis très très très souvent assise en tailleur.
C'est MA position, celle qui s'impose naturellement quand je me pose.

A l'école la maîtresse me faisait des remarques pour que je m'asseye correctement. Méééé euh !
Maman ne voulait pas que je sois assise en tailleur quand on était à table.
Pffff, mais ça gênait qui ???
Personne !

Des années plus tard, je persiste toujours, c'est plus fort que moi. Là tout de suite, j'ai l'ordi sur les genoux, je suis assise en tailleur.
Abonnée il y a quelques années aux entorses du genou, c'est à ces moments-là que je me suis rendue compte que c'est vraiment très frustrant de ne pas pouvoir s'asseoir comme on veut, spontanément, et que je ne suis pas à l'aise assise autrement (dans la durée, je veux dire.)

Il m'est arrivé de finir une nuit assise en tailleur, couchée en avant, tellement j'avais mal au bide.
De dormir en tailleur, la tête posée sur un manteau roulé en boule, pendant une longue nuit de train. (Avec un vieux à côté qui me cassait les pieds que je me bousillais le dos, et les articulations des jambes, et gna gna gna, ouais ben j'avais super sommeil d'abord hein.)

Oh, bien sûr, je sais me tenir, allons. Non, la maîtresse ne s'assied pas en tailleur à son bureau (hahem, pas la place sur la chaise...!) (et pis pas souvent au bureau...)
Par contre dans la salle de sport, quand il s'agit d'expliquer les règles d'un jeu à toute la petite troupe posée (calmement, huhuhu) autour d'elle, ben... oui.

Par contre le côté ch..., c'est que les pantalons n'aiment pas du tout. ça fait des vilaines poches au niveau des genoux, beuarrrrk. Du coup une des premières choses que je fais en rentrant le soir et que je n'ai pas à ressortir, c'est d'enfiler un vieux machin/jogging/pantalon de clown, un truc large quoi, déjà-déformé-toutes-façons-on-s'en-fout ! Rhaaaaa, le bonheur...

J'aime bien avoir mes petons bien coincés tout en dessous. Le dos bien droit. (Ou pas)
Je peux rester une soirée entière assise en tailleur. Bien sûr au bout de 2 heures, parfois j'ai des fourmis dans un pied, où un genou un peu douloureux... quelques pas pour aller boire un coup d'eau, faire circuler le sang, un remuage d'orteils pour l'exercice, et hop, c'est bon !
Je me doute que ce ne doit pas être super pour la circulation, ni pour les articulations mais bon...

HA, et pis ça n'a absolument rien à voir, mais alors le nouveau Côte d'Or dégustation Lait-Sésame, OUH-WA-OUUUH. Ah si si si.

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mercredi 19 mars 2008

Tag-thri

3 - Je n'aime pas le vin (ouuuuuh, spa bien !)

Bé non, je n'aime pas le vin, rouge rosé ou blanc, même le champ'. Je ne trouve aucun agrément, aucun plaisir à en boire, je n'en apprécie pas le goût, ou bien je ne sais pas l'apprécier, je n'ai pas appris, comme on me dit souvent, peut-être, n'empêche que je ne trouve pas ça bon. Trop acide.

Oh j'ai goûté, hein, parfois beaucoup trop même (hahem...), d'ailleurs je suis en mesure de confirmer que c'est encore pire quand ça repasse dans l'autre sens. (Amis de la poésie, bonsoir !)

Je n'ai pas dit que je ne buvais pas d'alcool (même si les occasions sont devenues rares, on vieillit, on est plus sage...), mais je ne bois pas de vin. A part quelques vins cuits d'apéro, mais est-ce encore considéré comme du vin alors que c'est si sucré ?
Très franchement, à table (et en règle générale), rien ne vaut de la bonne eau bien claire. D'ailleurs en fait je bois comme un trou... mais de l'eau. Plate.

Au grand désespoir de mes parents, bien sûr... On est Bourguignon ou on ne l'est pas !

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lundi 17 mars 2008

Tag-tou

2 - Depuis l'âge de 5 ans environ, je ne me lève jamais du pied gauche.

Ma maman me lisait des histoires avant de m'endormir, et il y avait notamment ce gros livre "365 histoires pour tous les soirs", ou un truc dans le genre. Des histoires courtes, d'autres plus longues, un soir une comptine, un autre une historiette à suivre... c'était très varié, dans mon souvenir tout du moins, une pour chaque date du calendrier.
Et dans ce gros livre, il y avait l'histoire d'un papa Ours qui était de très mauvais poil tous les matins, et maman Ourse, et les petits oursons, tout le monde subissait sa mauvaise humeur lorsqu'il se levait. Et tout le monde lui disait :
- Tu t'es encore levé du pied gauche, papa Ours !

Je ne sais plus bien comment, sa famille finissait par le persuader de poser le pied droit par terre en premier, pour voir. Il bougonnait mais essayait quand même le lendemain... et se sentait ce matin-là, comme par hasard !, d'excellente humeur. Et ensuite, il faisait la promesse de toujours faire attention à bien poser le bon pied en premier le matin au réveil.

Je ne sais pas quel raisonnement de petite fille j'ai pu suivre, surtout que je ne pense pas que j'étais particulièrement de mauvais poil le matin, mais je faisais gaffe à quel pied je posais par terre en premier.
J'ai (bien) plus de 30 piges et... je continue. Ce n'est pas un rituel dans le sens où, si j'oubliais la journée se passerait mal, non, si j'oublie, j'oublie, c'est tout, point. Mais je vous garantis que je n'oublie pas souvent...
Bon, d'accord, c'est un rituel puisque je le fais quasi systématiquement. Mais ce n'est ni un "toc", ni un genre de "porte-chance", je n'attends rien de ce geste, je le fais, c'est tout.

Où que je dorme, au moment de me mettre debout, si par hasard le pied gauche risque d'arriver au sol le premier, je le freine, j'ai une pensée pour papa Ours et je pose le pied droit.
C'est pas toujours facile, genre tu descends d'un lit superposé, t'es plus dans le même sens, ou bien il y a du bazar par terre (oooh ? chez moi ? meuuuh noooooooon...) pile là où tu devrais poser le pied, tu peux pas donc alors tu poses le gauche plutôt, question d'équilibre ? Et ben non, moi je me décale et je pose le pied droit, plus loin certes, il faut enjamber peut-être, voire sauter ! mais... le pied droit en prem's.
Quel que soit le lit et donc le côté duquel je me lève (parce que je n'ai pas de côté attitré, ça m'est égal), je m'assois sur le lit, et la jambe droite descend en premier.
Ou quand je dors par terre, matelas à ras du sol. Déjà c'est dur de faire l'effort de soulever la carcasse jusqu'à retrouver la station verticale, direct au réveil (mais y'a pas, il faut absolument aller faire pipi !) (mais ça coince, notamment au niveau de l'articulation des genoux...) Et ben y'a pas, en plus de cet énorme effort, il faut que je m'appuie sur le pied droit en 1er. Des fois j'en vacille, c'est dire.

C'est comme ça. ça n'embête personne, même pas moi, c'est juste un clin d'oeil (à la petite fille que j'étais ?) chaque matin.
Je ne suis quasiment jamais de mauvais poil le matin, même si c'est trop-trop-trop dur de se lever, et que je n'ai aucune envie d'aller bosser. Je suis dans le coltar total, certes, pas causante non plus, mais pas de mauvaise humeur. Je ne crois sincèrement pas que ça vienne du pied duquel je me lève...
D'ailleurs c'est la toute première fois que j'en parle, alors pour le coup, c'était vraiment un "secret", vous êtes gâtés !

(Mais... vous me prenez pour une folle. Et ben tant pis !) (J'assume totalement ce petit rituel perso...)

Il y a quelques années, j'ai fouillé dans le grenier de mes parents, je voulais remettre la main sur ce bouquin, histoire de vérifier si l'histoire (ahahaha) de Papa Ours correspond vraiment à mes souvenirs. Mais je ne l'ai pas retrouvé. Il a été lu et relu et rerelu, il était très abîmé, la couverture était déchirée il me semble, il a sans doute été jeté...

Posté par Mimi Je Reve à 22:22 - - Commentaires [11] - Permalien [#]